Comprendre comment la musique s'organise en moins de 30 minutes. Pensé pour les DJs et les productrices et producteurs de Trance et Techno. Pas de notation avancée, pas de jargon inutile. Juste l'essentiel.
Chaque chapitre est conçu pour être lu en 3 à 5 minutes. Les schémas sont volontairement simplifiés pour privilégier la compréhension. Vous pouvez tout lire d'une traite, ou y revenir chapitre par chapitre selon vos besoins.
Tout au long du guide, nous utilisons la notation par lettres (C D E F G A B) standard dans les logiciels de musique (DAW) et dans la majorité des communautés de production. Le tout début du chapitre 1 fait le pont avec la notation française (Do, Ré, Mi…) que vous connaissez probablement déjà — ensuite, on reste en notation par lettres pour le reste du guide.
Avant de parler de gammes ou d'accords, il faut comprendre ce qu'est réellement une note. La réponse est à la fois physique et culturelle.
En France et dans les pays latins, on apprend les notes avec les syllabes Do, Ré, Mi, Fa, Sol, La, Si. Dans le monde anglo-saxon, dans tous les DAWs (Ableton, FL Studio, Logic, Reason…) et dans la quasi-totalité de la production électronique, on les nomme par des lettres : C, D, E, F, G, A, B.
C'est exactement la même note, juste un nom différent. La correspondance :
Do = C · Ré = D · Mi = E · Fa = F · Sol = G · La = A · Si = B
La convention du guide :
Le son est produit par une vibration : une corde de guitare, la membrane d'un haut-parleur, l'air dans un tube. Plus la vibration est rapide, plus la note est aiguë. Plus elle est lente, plus la note est grave.
Cette vitesse de vibration s'appelle la fréquence, mesurée en Hertz (Hz). Le A de référence, par exemple, vibre à 440 Hz.
Une note est une fréquence précise. Mais notre oreille perçoit le son en bandes plus larges — c'est le vocabulaire partagé par les ingénieur.e.s du son, les ingénieur.e.s du mix et la production de musique électronique.
| Bande | Plage | Contenu typique |
|---|---|---|
| Sub-bass | 20 – 60 Hz | Sub, fondamentale du kick |
| Bass | 60 – 250 Hz | Bassline, corps du kick |
| Low-mids | 250 – 500 Hz | Chaleur, corps des basses |
| Mids | 500 Hz – 2 kHz | Voix, leads, snares |
| High-mids | 2 – 4 kHz | Présence, clarté |
| Highs | 4 – 6 kHz | Air, brillance |
| Brilliance | 6 – 20 kHz | Hi-hats, cymbales, étincelles |
Certains sons sont harmoniques, d'autres inharmoniques — et choisir de les accorder ou non à la tonalité du morceau, c'est toujours un choix de production, pas une règle. Un kick de techno est assez harmonique pour porter une vraie note (~50 Hz ≈ G1, ~65 Hz ≈ C2) ; on l'accorde parfois pour qu'il colle à la bassline, ou on le laisse là où il tombe et la basse fait le travail harmonique. Un hi-hat est inharmonique — ses partiels ne sont pas liés par des rapports musicaux, donc pas de fondamentale claire — mais sa bande de fréquence dominante occupe quand même un créneau dans le spectre et peut entrer en conflit avec la mélodie. Certaines productions le filtrent ou le pitch-shiftent ; d'autres le laissent brut et le traitent comme une couche de couleur plutôt que comme un élément mélodique. Tout son musical vit dans le spectre : certains portent une note, d'autres une couleur.
Parce qu'entre deux notes séparées d'une octave, on compte huit touches blanches sur un piano : C, D, E, F, G, A, B, C. L'octave, c'est l'intervalle qui nous ramène au point de départ, mais un « niveau » plus haut.
Figure 1 · Le clavier révèle un motif qui se répète : 2 touches noires / 3 touches noires. Ce motif se reproduit à chaque octave.
Chaque note a une fréquence précise. La carte ci-dessous couvre l'étendue d'un piano 88 touches (A0–C8) : chaque touche se loge dans une des bandes fréquentielles de la production — sub-bass, bass, low-mids, mids, high-mids. Au-dessus de C8 — dans les bandes highs et brilliance — aucune fondamentale de piano, et en général pas de mélodie, mais le spectre audible continue avec les cymbales, les hi-hats, et les harmoniques aiguës de tout son musical.
Figure 2 · L'étendue complète du piano 88 touches, de A0 à C8 — un peu plus de sept octaves. Chaque octave double la fréquence de la précédente et occupe la même largeur horizontale — largeur égale pour intervalle musical égal, c'est ainsi que votre oreille les perçoit. La touche violette marque le A4 = 440 Hz, la référence universelle d'accordage. Le spectre audible continue au-delà de C8 dans les bandes highs et brilliance (cymbales, hi-hats, harmoniques aiguës), mais aucune fondamentale de piano n'y atteint.
Deux conclusions pratiques : une note double sa fréquence à chaque octave (C1 = 32.7 Hz, C2 = 65.4 Hz, C3 = 130.8 Hz…), c'est pour cela que chaque octave successive occupe la même largeur sur la carte — espacement égal pour intervalles égaux. Et la fondamentale de tout son musical à hauteur définie correspond à une touche précise sur cette carte. Que vous parliez en nom de note ou en Hz, vous désignez le même endroit.
L'octave est divisée en 12 pas égaux. Cette division est la base de toute la musique occidentale.
Entre deux notes voisines sur un clavier (blanche ou noire, peu importe), il y a un demi-ton (half step en anglais américain, semitone en anglais britannique). C'est la plus petite distance utilisée en musique occidentale.
Deux demi-tons consécutifs forment un ton (whole step ou tone en anglais).
La distance entre deux touches adjacentes sur le clavier.
Deux demi-tons. Une touche est « sautée » entre les deux notes.
Ce guide utilise les termes ton et demi-ton, classiques en français. Dans les DAWs et la littérature anglo-saxonne, vous verrez whole step / half step (convention américaine) ou tone / semitone (convention britannique) — ce sont exactement les mêmes notions. Vos pitch shifters affichent « +12 semitones » pour monter d'une octave, vos éditeurs MIDI affichent « +1 step » pour un ton, etc.
Chaque touche noire a deux noms, selon la direction d'où l'on vient :
Donc C♯ et D♭ désignent la même touche. On appelle ça l'équivalence enharmonique. C'est comme deux itinéraires qui mènent au même endroit : le nom dépend du chemin parcouru.
Figure 3 · Les cinq touches noires d'une octave, avec leurs deux noms.
Puisque C♯ et D♭ désignent la même touche, pourquoi s'embêter à avoir deux noms ? La règle vient de la manière dont les gammes sont écrites : dans toute gamme majeure ou mineure, chaque lettre (C, D, E, F, G, A, B) apparaît exactement une fois. On choisit le dièse ou le bémol qui respecte cette règle d'une-lettre-par-degré.
Deux exemples concrets :
À retenir : chaque tonalité s'en tient soit aux dièses, soit aux bémols — jamais aux deux dans la même gamme. Donc quand vous voyez sur un chart un B♭ dans un projet et un A♯ dans un autre, c'est la même touche physique, mais une seule des deux écrit correctement la gamme. Votre DAW s'en moque ; la lisibilité pour l'humain, elle, en a besoin.
Il n'y a pas de touche noire entre E et F, ni entre B et C. Ces deux paires de notes ne sont donc séparées que d'un demi-ton, et non d'un ton. Cette irrégularité dans la disposition des touches noires est la clé de tout ce qui suit.
Une gamme, c'est simplement un motif d'intervalles. Une formule. La gamme majeure est l'un des deux motifs à connaître absolument — l'autre étant la gamme mineure, qu'on verra au chapitre suivant.
Vous avez entendu la gamme majeure mille fois — sa sonorité lumineuse et stable est partout, dans la pop, les musiques de film et la musique électronique. Ce qui rend ce motif « joyeux » et « stable », ce ne sont pas les notes elles-mêmes, mais la séquence d'intervalles entre elles.
Partez de n'importe quelle note du clavier et appliquez ce motif : vous obtenez une gamme majeure. La note de départ s'appelle la tonique, et c'est elle qui donne son nom à la gamme.
La gamme la plus simple de toutes, parce qu'elle n'utilise que les touches blanches.
En partant de G, on applique le même motif. Le motif exige un ton entre la 6ème et la 7ème note, et un demi-ton jusqu'à la tonique. Pour respecter cette règle, on doit utiliser F♯ à la place de F naturel.
Les notes « noires » utilisées dans une gamme ne sont pas arbitraires : ce sont des nécessités mathématiques. Elles garantissent que le motif W-W-H-W-W-W-H est respecté. Sans elles, la gamme ne sonnerait plus « majeure ».
Là où la gamme majeure évoque la lumière et la joie, la gamme mineure apporte une couleur mélancolique, dramatique, parfois sombre. Même principe, motif différent.
Même logique que pour la majeure : on applique ce motif depuis n'importe quelle note et on obtient une gamme mineure.
Comme la gamme de Do majeur (C major), la gamme de La mineur (A minor) n'utilise aucune altération : que des touches blanches.
Puisque La mineur (A minor) et Do majeur (C major) utilisent exactement les mêmes notes, on dit qu'elles sont relatives l'une de l'autre. Elles partagent le même jeu de notes, mais elles ont des centres de gravité différents — C pour l'une, A pour l'autre.
Chaque gamme majeure a donc sa « jumelle » mineure. Pour la trouver, descendez simplement de trois demi-tons (une tierce mineure) depuis la tonique majeure.
| Tonalité majeure | Notes dièse ou bémol | Mineur relatif |
|---|---|---|
| Do majeur (C major) | — aucune | La mineur (A minor) |
| Sol majeur (G major) | F♯ | Mi mineur (E minor) |
| Ré majeur (D major) | F♯, C♯ | Si mineur (B minor) |
| La majeur (A major) | F♯, C♯, G♯ | Fa♯ mineur (F♯ minor) |
| Mi majeur (E major) | F♯, C♯, G♯, D♯ | Do♯ mineur (C♯ minor) |
| Si majeur (B major) | F♯, C♯, G♯, D♯, A♯ | Sol♯ mineur (G♯ minor) |
| Fa majeur (F major) | B♭ | Ré mineur (D minor) |
| Si♭ majeur (B♭ major) | B♭, E♭ | Sol mineur (G minor) |
| Mi♭ majeur (E♭ major) | B♭, E♭, A♭ | Do mineur (C minor) |
| La♭ majeur (A♭ major) | B♭, E♭, A♭, D♭ | Fa mineur (F minor) |
| Ré♭ majeur (D♭ major) | B♭, E♭, A♭, D♭, G♭ | Si♭ mineur (B♭ minor) |
Une tonalité majeure et son mineur relatif partagent exactement le même jeu de notes — c'est littéralement la même gamme jouée depuis une note de départ différente.
Les altérations du tableau ci-dessus ne sont pas arbitraires. Le motif d'intervalles W – W – H – W – W – W – H (majeur) et W – H – W – W – H – W – W (mineur) oblige certaines notes à être haussées ou baissées selon le point de départ. Sol majeur (G major) a besoin de F♯ parce que le motif tombe sur une touche noire au 7ème degré — pas le choix. La notation classique regroupe ces altérations imposées dans ce qu'on appelle une armure, écrite une seule fois au début de la portée. Dans un DAW, le champ « Key » du projet joue le même rôle : dites au logiciel dans quelle gamme vous êtes et vous n'avez plus à mémoriser les altérations — c'est le motif qui fait le travail.
Il existe deux autres variantes courantes de la gamme mineure : la mineure harmonique (harmonic minor) — 7ème degré rehaussé d'un demi-ton — et la mineure mélodique (melodic minor) — 6ème et 7ème degrés rehaussés en montant, naturels en descendant. Elles enrichissent la palette émotionnelle, mais s'appuient toutes sur la mineure naturelle que vous venez d'apprendre.
Un intervalle, c'est la distance entre deux notes. C'est le vocabulaire de base pour parler d'accords, de mélodies et d'harmonie.
Pour avoir un nom universel qui marche pour n'importe quelle paire de notes : leur intervalle.
Un intervalle se calcule en deux étapes : d'abord le nom de degré (seconde, tierce, quarte…) en comptant les lettres de notes, puis la qualité (majeur, mineur, juste…) en comptant le nombre exact de demi-tons.
| Intervalle | Demi-tons (depuis la tonique) | Exemple à partir de C | Couleur |
|---|---|---|---|
| Seconde mineure | 1 | C → D♭ | tendu |
| Seconde majeure | 2 | C → D | pas naturel |
| Tierce mineure | 3 | C → E♭ | mélancolique |
| Tierce majeure | 4 | C → E | lumineux, joyeux |
| Quarte juste | 5 | C → F | stable, ouvert |
| Quinte juste | 7 | C → G | très stable |
| Sixte majeure | 9 | C → A | doux |
| Septième mineure | 10 | C → B♭ | tendu, bluesy |
| Septième majeure | 11 | C → B | cinématique |
| Octave juste | 12 | C → C | identique |
Les quartes et les quintes ne se comportent pas comme les tierces : elles sont identiques dans la gamme majeure et dans la gamme mineure. C'est pour ça qu'on les appelle justes plutôt que majeures ou mineures.
À l'inverse, les tierces sont la grande différence entre majeur et mineur : c'est la tierce qui « colore » un accord. Tierce majeure (4 demi-tons) → accord majeur. Tierce mineure (3 demi-tons) → accord mineur.
Dès que vous jouez plusieurs notes en même temps, vous entrez dans le monde des accords. La brique de base est la triade : trois notes empilées.
Prenez une gamme. Partez de la 1ère note, sautez la suivante, prenez celle d'après, sautez encore, prenez la troisième. Vous obtenez une triade : trois notes qui sonnent ensemble comme un accord.
Par exemple, dans la gamme de Do majeur (C major) :
C + E + G = accord de Do majeur (C major)
Une fois que vous avez trois notes empilées, la distance entre elles détermine la qualité de l'accord — son caractère. Trois qualités couvrent tout ce dont on aura besoin :
Tierce majeure + quinte juste
(4 + 3 demi-tons)
ouvert, lumineux
Tierce mineure + quinte juste
(3 + 4 demi-tons)
intimiste, triste
Tierce mineure + quinte diminuée
(3 + 3 demi-tons)
tendu, appelle une résolution
Le majeur et le mineur sont les chevaux de trait — toutes vos progressions reposeront dessus. La triade diminuée est le cas particulier : elle apparaît exactement là où le motif d'intervalles de la gamme produit un empilement 3+3 demi-tons — sur le 7ème degré de toute gamme majeure (vii°, par exemple B–D–F dans Do majeur) et sur le 2ème degré de toute gamme mineure naturelle (ii°, par exemple B–D–F dans La mineur). On n'y atterrit pas comme accord-maison ; on passe à travers pour la tension, puis on résout ailleurs. On le retrouvera dans les tableaux diatoniques des deux prochains chapitres.
Les trois qualités de triade ci-dessus sont la base. Empilez une 4ème note (une 7ème), remplacez la tierce par la 2nde ou la 4ème (sus2, sus4), ou ajoutez une 9ème par-dessus (add9) et vous obtenez les accords d'extension les plus utilisés en production — abordés au Chapitre 9. Augmenté et demi-diminué (half-diminished) sont des cas particuliers qui apparaissent occasionnellement ; on les évoquera au passage quand ce sera pertinent.
Le nom d'un accord a deux parties : fondamentale + qualité. « Do majeur (C major) » = la triade majeure dont la fondamentale est C. « La mineur (A minor) » = la triade mineure dont la fondamentale est A. La recette d'intervalles est la même quelle que soit la fondamentale — choisissez une note de départ, appliquez la recette, vous avez l'accord.
Même quinte dans les deux cas — seule la tierce change. Quelques exemples pour rendre la recette concrète :
Comparez Do majeur (C major) et Do mineur (C minor) : même fondamentale, même quinte — seule la tierce change. Ce demi-ton unique fait basculer du lumineux au sombre.
« Do mineur (C minor) » peut désigner deux choses complètement différentes selon le contexte :
L'accord vit à l'intérieur de la gamme : C–E♭–G sont les 1er, 3ème et 5ème degrés de la gamme de Do mineur. Quand quelqu'un dit « le morceau est en Do mineur », il parle presque toujours de la gamme/tonalité. Quand il dit « joue un Do mineur », il parle généralement de l'accord. Le contexte tranche — et le même chevauchement existe pour toute fondamentale (« La majeur » est à la fois une gamme et un accord, etc.).
Prenez n'importe quelle gamme majeure ou mineure et construisez une triade sur chacune de ses sept notes — en n'utilisant que les notes de la gamme. Vous obtenez sept accords différents qui vivent tous dans la même tonalité. Ce sont les accords diatoniques de la gamme : la palette harmonique dans laquelle toute progression de cette tonalité va puiser. On les étiquette par le degré sur lequel ils reposent, écrit en chiffres romains (I, ii, iii, IV, V, vi, vii°) — pas par nom de note. La section suivante explique la notation.
Les chiffres romains numérotent les accords par leur degré dans la gamme — la position de la fondamentale de l'accord dans la gamme. L'intérêt de cette notation, c'est qu'elle est indépendante de la tonalité : « I – V – vi – IV » désigne le même mouvement harmonique dans n'importe quelle tonalité, seules les notes réelles changent.
Lisez « I – V – vi – IV » comme « majeur sur le 1er, majeur sur le 5ème, mineur sur le 6ème, majeur sur le 4ème ». Transposez dans n'importe quelle tonalité — même forme, notes différentes. C'est pour ça qu'en production et en arrangement on écrit les progressions en chiffres romains : ça capture l'intention harmonique, indépendamment de la tonalité finale du morceau.
Vous savez maintenant ce qu'est une triade, ce qui lui donne sa qualité, et comment les sept accords diatoniques sont étiquetés. Les deux prochains chapitres les passent en revue concrètement : dans la gamme majeure (Chapitre 7), puis dans la gamme mineure (Chapitre 8).
Dans toute gamme majeure, les sept accords diatoniques suivent un motif fixe de qualités — même forme dans toutes les tonalités majeures, seules les notes changent.
Sur chaque degré de la gamme majeure, empilez des tierces (le motif saute-prends-saute du chapitre précédent) en n'utilisant que les notes de la gamme. Vous obtenez sept accords interconnectés :
| Degré | Chiffre romain | Notes (dans Do majeur) | Type |
|---|---|---|---|
| 1er (tonique) | I | C – E – G | majeur |
| 2ème | ii | D – F – A | mineur |
| 3ème | iii | E – G – B | mineur |
| 4ème (sous-dominante) | IV | F – A – C | majeur |
| 5ème (dominante) | V | G – B – D | majeur |
| 6ème | vi | A – C – E | mineur |
| 7ème | vii° | B – D – F | diminué |
Dans toute tonalité majeure, les qualités suivent ce motif : I majeur, ii mineur, iii mineur, IV majeur, V majeur, vi mineur, vii° diminué. Le motif ne change pas — seules les notes réelles changent. Transposez le tableau en Sol majeur (G major) et vous obtenez G – Am – Bm – C – D – Em – F♯°.
La progression I – V – vi – IV (C – G – Am – F en Do majeur ; A – E – F♯m – D en La majeur ; G – D – Em – C en Sol majeur) est l'une des progressions les plus utilisées en pop, dance et musique de film depuis 50 ans. Maintenant que vous connaissez les chiffres romains, vous allez la reconnaître partout.
La gamme mineure naturelle produit ses propres sept accords diatoniques, avec un mélange de qualités différent. C'est la palette harmonique derrière la plupart des morceaux mélancoliques, cinématiques et EDM.
Même règle saute-prends sur chaque degré, cette fois avec le motif mineur naturel. Dans La mineur (A minor) (relative de Do majeur — mêmes notes, centre de gravité différent) :
| Degré | Chiffre romain | Notes (dans La mineur) | Type |
|---|---|---|---|
| 1er (tonique) | i | A – C – E | mineur |
| 2ème | ii° | B – D – F | diminué |
| 3ème | III | C – E – G | majeur |
| 4ème (sous-dominante) | iv | D – F – A | mineur |
| 5ème | v | E – G – B | mineur |
| 6ème | VI | F – A – C | majeur |
| 7ème | VII | G – B – D | majeur |
Dans toute tonalité mineure naturelle, les qualités suivent ce motif : i mineur, ii° diminué, III majeur, iv mineur, v mineur, VI majeur, VII majeur. Notez que La mineur et Do majeur partagent exactement les mêmes accords — c'est la même palette diatonique, juste recentrée.
Dans la dance music en tonalité mineure, la progression i – VI – III – VII (Am – F – C – G en La mineur) est partout — house, trance, progressive, cinématique, pop. On l'appelle parfois progression « andalouse » ou « épique ». Une fois que vous l'avez entendue, vous l'entendrez dans tout le spectre.
Dans n'importe quelle gamme, les sept accords diatoniques n'ont pas tous le même travail. Chacun joue un des trois rôles — tonique, sous-dominante ou dominante — et la plupart des progressions ne sont qu'une séquence de ces rôles, habillés avec différents choix d'accords.
Chaque accord diatonique tombe dans une des trois familles qui décrivent sa gravité harmonique :
La maison. L'accord du repos et de l'arrivée. Là où les progressions reviennent. Stable, posé.
Le départ. Mouvement qui s'éloigne de la maison. Ouvre la progression. Tension neutre.
L'attraction. L'aimant le plus fort vers la tonique. Instable, veut se résoudre. L'accord « qui mène ».
L'ordre classique, c'est T → SD → D → T : on quitte la maison, on s'éloigne, on accumule la tension, on résout. La plupart des progressions populaires sont des versions habillées de ce squelette.
Dans une tonalité majeure, les sept accords diatoniques se répartissent comme ceci dans les trois familles :
| Fonction | Accords | Dans Do majeur | Notes |
|---|---|---|---|
| Tonique (T) | I, iii, vi | C, Em, Am | I est la tonique la plus forte ; iii et vi sont des substituts plus doux. |
| Sous-dominante (SD) | ii, IV | Dm, F | IV est le « départ » classique ; ii est sa jumelle à couleur mineure. |
| Dominante (D) | V, vii° | G, B° | V est la dominante classique. vii° est rare seule (souvent utilisée comme accord de passage). |
Même idée, distribution différente :
| Fonction | Accords | Dans La mineur | Notes |
|---|---|---|---|
| Tonique (T) | i, III, VI | Am, C, F | i, c'est la maison ; III et VI sont des substituts de tonique (et expliquent une grande partie de la couleur mineure). |
| Sous-dominante (SD) | ii°, iv | B°, Dm | iv est le choix le plus doux pour atterrir ; ii° (diminué) est une variante plus tendue et plus sombre — parfaite pour une tension de passage ou des textures atmosphériques. |
| Dominante (D) | v | Em | La dominante diatonique v est faible — pas de note sensible dans la mineure naturelle, donc v n'attire pas fortement vers i. Les morceaux qui veulent une cadence forte empruntent à la mineure harmonique pour le rehausser en V (E majeur en La mineur). |
| Subtonique | VII | G | L'accord majeur construit sur la subtonique (le 7ème degré, à un ton sous la tonique). Au sens strict, ce n'est pas une dominante — pas de note sensible, pas de tension de triton vers i. Mais sa résolution harmonique forte en fait le substitut EDM de la dominante manquante — écoutez-le dans i – VI – III – VII. |
La mineure naturelle a vraiment une structure à 4 rôles (T / SD / D / Subtonique) au lieu des 3 du majeur — c'est une conséquence de la note sensible manquante, pas une bizarrerie à mémoriser.
Un accord est défini par l'ensemble des notes qu'il contient, pas par l'ordre dans lequel elles sont rangées. Changez la note qui se trouve en bas et vous avez créé un renversement — même accord, même nom, sensation différente.
Une triade a trois notes. Celle qui occupe la basse (la voix la plus grave) définit la position :
Fondamentale à la basse.
Stable, posé.
le voicing « par défaut »
Tierce à la basse.
Plus léger, moins ancré.
souvent utilisé en passage
Quinte à la basse.
Suspendu, instable.
demande à être résolu
Les trois sont toujours Do majeur (C major) — ils contiennent les mêmes C, E et G. Seul l'ordre change. Mais la basse porte un poids harmonique énorme, donc chaque renversement se ressent différemment.
Les renversements s'écrivent avec une barre oblique (slash). La lettre avant la barre nomme l'accord ; celle après nomme la note à la basse.
| Notation | Accord | Note à la basse | Ce que c'est |
|---|---|---|---|
| C | Do majeur (C major) | C (la fondamentale) | Position fondamentale |
| C/E | Do majeur (C major) | E (la tierce) | 1er renversement |
| C/G | Do majeur (C major) | G (la quinte) | 2ème renversement |
Les accords slash couvrent aussi des cas non-renversement — C/D signifie « Do majeur sur une basse D », une sonorité qui n'est pas strictement un renversement de C (D n'est pas dans l'accord). La notation slash est la manière standard de spécifier « ces notes d'accord, cette note à la basse », que ce soit un renversement orthodoxe ou non.
La plus grosse raison pratique d'utiliser les renversements, c'est la conduite des voix (voice leading) : choisir des voicings qui font bouger les notes par petits pas entre les accords plutôt que par grands sauts. Les petits sauts sonnent plus fluides, surtout dans une bassline et dans un pad.
Comparez C – F – G – C (le classique I – IV – V – I) avec deux voicings :
La basse saute : C → F → G → C
La basse saute d'une quarte vers le haut, d'une seconde, puis d'une quinte vers le bas. Punchy mais haché.
La basse marche : C → A → B → C
La basse bouge par pas. Même progression d'accords, sensation plus fluide.
Trois endroits où les renversements gagnent leur place dans une session de production :
Une triade — fondamentale, tierce, quinte — n'est que le point de départ. Empilez une note de plus, remplacez la tierce, ou ajoutez une note de couleur dans l'aigu, et vous débloquez les familles d'accords qui peuplent les productions modernes : les 7èmes, les accords sus, et le add9.
Prenez une triade. Appliquez la règle saute-prends une fois de plus et vous tombez sur le 7ème degré au-dessus de la fondamentale. L'empiler par-dessus donne un accord à quatre notes — l'accord de 7ème (seventh chord).
Comme pour les qualités de triade, la qualité de la 7ème ajoutée n'est pas un choix libre — c'est la gamme qui la fixe. Dans une gamme majeure, les 7èmes diatoniques sont :
| Degré | Accord | Dans Do majeur | Type |
|---|---|---|---|
| I | Imaj7 | C – E – G – B | 7ème majeure |
| ii | ii7 | D – F – A – C | 7ème mineure |
| iii | iii7 | E – G – B – D | 7ème mineure |
| IV | IVmaj7 | F – A – C – E | 7ème majeure |
| V | V7 | G – B – D – F | 7ème de dominante |
| vi | vi7 | A – C – E – G | 7ème mineure |
| vii° | viiø7 | B – D – F – A | demi-diminué (m7♭5) |
Dans une gamme mineure naturelle, la même logique donne une distribution différente :
| Degré | Accord | Dans La mineur | Type |
|---|---|---|---|
| i | i7 | A – C – E – G | 7ème mineure |
| ii° | iiø7 | B – D – F – A | demi-diminué |
| III | IIImaj7 | C – E – G – B | 7ème majeure |
| iv | iv7 | D – F – A – C | 7ème mineure |
| v | v7 | E – G – B – D | 7ème mineure |
| VI | VImaj7 | F – A – C – E | 7ème majeure |
| VII | VII7 | G – B – D – F | 7ème de dominante |
Remarquez que les 7èmes de La mineur sont les mêmes accords que ceux de Do majeur, juste réétiquetés — ils partagent les mêmes notes.
Un accord sus prend une triade et remplace la tierce par la note voisine — soit la 2nde (donnant sus2), soit la 4ème (donnant sus4). L'accord se retrouve sans tierce, donc ni majeur ni mineur. Il est « suspendu » — ouvert, indécis.
Tierce remplacée par la 2nde.
(fondamentale + 2nde + quinte)
lumineux, aéré, moderne
Tierce remplacée par la 4ème.
(fondamentale + 4ème + quinte)
tendu, en attente
Un accord sus veut se résoudre vers sa triade-parent — la note suspendue glisse par pas vers la tierce manquante. Csus4 → C (F descend vers E) est l'un des mouvements les plus naturels de la musique populaire, utilisé pour retarder l'arrivée sur un accord cible. Csus2 → C fonctionne pareil (D monte vers E).
Un accord add9, c'est une triade majeure (ou mineure) avec la 9ème empilée par-dessus — la même note que la 2nde, mais une octave plus haut. Contrairement à un sus2, la tierce est toujours là : on garde la qualité majeure ou mineure de l'accord et on ajoute une note de couleur dans l'aigu.
C'est la confusion la plus fréquente sur les charts d'accords, alors autant la régler :
| Notation | Notes (sur C) | Contient la 7ème ? | Son |
|---|---|---|---|
| Cadd9 | C – E – G – D | Non | Triade lumineuse avec une note scintillante dans l'aigu. |
| C9 | C – E – G – B♭ – D | Oui (♭7) | 7ème de dominante + 9. Jazzy, funky, pressant — veut se résoudre vers F. |
La règle : écrire « 9 » tout seul (comme C9, G9) signifie implicitement « 7ème de dominante plus 9ème ». Écrire add9 signifie « juste la 9, on laisse tomber la 7ème ». Dans une session, Cadd9 est l'accord de pad lumineux ; C9 est le stab bass-house funky.
Voici l'outil ultime. Sur un seul diagramme, il connecte toutes les tonalités et révèle la logique cachée de l'harmonie.
Partez de Do majeur (C major), en haut du cercle (aucune altération). À chaque pas dans le sens horaire, vous montez d'une quinte juste et vous ajoutez un dièse à l'armure. Dans le sens anti-horaire, vous descendez d'une quinte et ajoutez un bémol. Les mineurs relatifs sont placés à l'intérieur du cercle.
Figure 4 · Le cercle des quintes. Chaque bulle affiche aussi sa désignation Camelot et Open Key (voir les tableaux de référence ci-dessous). Les tonalités voisines partagent le plus grand nombre de notes en commun.
Plus deux tonalités sont proches sur le cercle, plus elles partagent de notes, et donc plus il est facile de moduler (changer de tonalité) entre elles sans que ça sonne bizarre. C'est pour ça qu'en composition on passe souvent de Do majeur à Sol majeur ou Fa majeur : ce sont des voisins directs.
Les DJs ont redécouvert le cercle des quintes sous un autre nom. Quand deux morceaux sont mixés ensemble, si leurs tonalités sont trop éloignées sur le cercle, le résultat sonne dissonant. Mixer entre des tonalités voisines (ou identiques) conserve l'énergie harmonique cohérente — c'est le mixage harmonique (harmonic mixing).
Les trois mouvements « sûrs » :
Ces trois mouvements garantissent un maximum de notes communes entre les deux morceaux. Plus on s'éloigne sur le cercle, moins on a de notes en commun, et plus le risque de dissonance grimpe. Pour rendre ça utilisable rapidement en cabine, les DJs ont créé une notation numérique des tonalités — voir les tableaux ci-dessous.
Deux notations numériques encodent les tonalités d'une manière qui rend le mixage harmonique rapide au coup d'œil. Toutes deux sont bâties sur la même idée du cercle des quintes : ±1 sur le chiffre = voisin sur le cercle, et changer la lettre sur le même chiffre = basculer entre une tonalité et son relatif majeur / mineur.
| Tonalité | Camelot | Open Key |
|---|---|---|
| C | 8B | 1d |
| G | 9B | 2d |
| D | 10B | 3d |
| A | 11B | 4d |
| E | 12B | 5d |
| B | 1B | 6d |
| F♯ | 2B | 7d |
| D♭ | 3B | 8d |
| A♭ | 4B | 9d |
| E♭ | 5B | 10d |
| B♭ | 6B | 11d |
| F | 7B | 12d |
| Tonalité | Camelot | Open Key |
|---|---|---|
| Am | 8A | 1m |
| Em | 9A | 2m |
| Bm | 10A | 3m |
| F♯m | 11A | 4m |
| C♯m | 12A | 5m |
| G♯m | 1A | 6m |
| D♯m | 2A | 7m |
| B♭m | 3A | 8m |
| Fm | 4A | 9m |
| Cm | 5A | 10m |
| Gm | 6A | 11m |
| Dm | 7A | 12m |
Même numéro Camelot dans les deux tableaux = paire relatif majeur / mineur (Do majeur et La mineur partagent tous deux le numéro 8). Numéro adjacent avec la même lettre = voisin sur le cercle des quintes (8B → 9B = C → G).
Jusqu'ici, on a travaillé avec deux saveurs de gamme : majeure et mineure naturelle. Il y en a cinq autres. Ensemble, les sept modes sont la palette de couleurs de la famille diatonique — mêmes notes, toniques différentes, ambiances distinctement différentes. Ce chapitre zoome sur les trois qui apparaissent le plus en musique électronique.
Prenez une gamme majeure. Jouez-la maintenant à partir d'une note de départ différente, en traitant cette nouvelle note comme la tonique. Le jeu de notes reste inchangé, mais le motif d'intervalles autour de la tonique tourne — et l'accord posé sur la tonique aussi. Vous avez fabriqué un mode.
Concrètement : les sept notes C – D – E – F – G – A – B forment la gamme de Do majeur. Démarrez les mêmes notes à partir de D et traitez D comme la maison — le résultat est le mode dorien sur D. Mêmes notes, mais la tonique est D, l'accord sur D est mineur (D – F – A), et le motif d'intervalles relatif à cette tonique est différent du motif majeur. Chacun des sept points de départ sur les touches blanches donne un mode :
| Mode | Exemple touches blanches | Motif depuis la tonique | Lecture rapide |
|---|---|---|---|
| Ionien | C – D – E – F – G – A – B | W W H W W W H | = la gamme majeure |
| Dorien | D – E – F – G – A – B – C | W H W W W H W | mineur avec 6ème haussée |
| Phrygien | E – F – G – A – B – C – D | H W W W H W W | mineur avec 2nde abaissée |
| Lydien | F – G – A – B – C – D – E | W W W H W W H | majeur avec 4ème haussée |
| Mixolydien | G – A – B – C – D – E – F | W W H W W H W | majeur avec 7ème abaissée |
| Éolien | A – B – C – D – E – F – G | W H W W H W W | = la gamme mineure naturelle |
| Locrien | B – C – D – E – F – G – A | H W W H W W W | mineur avec 2nde et 5te abaissées — instable |
Vous connaissez déjà deux modes : l'ionien est ce qu'on a appelé majeur, et l'éolien est la mineure naturelle. Les cinq autres sont simplement des rotations différentes du même jeu de notes diatoniques.
En pratique, trois modes dominent la musique électronique et pop aux côtés du majeur et du mineur standards : le dorien, le phrygien et le mixolydien. Chacun déplace une seule note par rapport à son parent (majeur ou mineur), et cette note unique porte toute la saveur.
Mineur avec 6ème haussée.
W H W W W H W
soul, groovy, moins « triste » que la mineure naturelle
Mineur avec 2nde abaissée.
H W W W H W W
sombre, espagnol, cinématique, exotique
Majeur avec 7ème abaissée.
W W H W W H W
lumineux mais ancré, bluesy, rock
Doubler la fréquence = monter d'une octave. L'octave est divisée en 12 demi-tons égaux.
Un demi-ton = distance entre deux touches adjacentes. Un ton = 2 demi-tons.
Motif d'intervalles :
Motif d'intervalles :
½ ton vers le haut = dièse (♯). ½ ton vers le bas = bémol (♭). C♯ et D♭ désignent la même touche.
Chaque tonalité majeure a une jumelle mineure avec la même armure. Elle se trouve à 3 demi-tons sous la tonique majeure.
Tierce majeure = 4 demi-tons (sonorité lumineuse). Tierce mineure = 3 demi-tons (sonorité mélancolique).
Identiques en majeur et en mineur. Quarte = 5 demi-tons, quinte = 7 demi-tons.
Fondamentale + tierce majeure + quinte juste. Exemple : C – E – G.
Fondamentale + tierce mineure + quinte juste. Exemple : A – C – E.
En majeur : I ii iii IV V vi vii° — trois majeurs (I, IV, V), trois mineurs (ii, iii, vi), un diminué (vii°).
En mineur : i ii° III iv v VI VII — trois mineurs (i, iv, v), trois majeurs (III, VI, VII), un diminué (ii°).
Sens horaire = +1 dièse par pas. Sens anti-horaire = +1 bémol par pas. Les voisins sont des tonalités « amies ».
Un dièse (♯) ou un bémol (♭) ajouté à une note. La fait monter ou descendre d'un demi-ton.
Un accord qui ajoute la 9ème (la 2nde, une octave plus haut) à une triade, sans inclure la 7ème. Cadd9 = C–E–G–D.
Une triade avec deux tierces majeures empilées (4+4 demi-tons). Symbole : + (ex. C+). Peu courant en EDM ; mentionné au passage.
Le mouvement harmonique de clôture d'une phrase, typiquement une progression qui résout la tension vers la tonique. V → I est la cadence d'école.
Deux systèmes de DJ pour nommer les tonalités par un numéro (1–12), pour repérer d'un coup d'œil la compatibilité harmonique entre morceaux. Codes adjacents = parents par une quinte.
Qui utilise les 12 demi-tons, y compris des notes en dehors de la gamme courante. Opposé de diatonique.
Un diagramme qui arrange les 12 tonalités dans le sens horaire par quintes justes (C, G, D, A, E…). Les tonalités voisines partagent six notes sur sept.
Qui appartient à une seule gamme. Les sept touches blanches sont les notes diatoniques de Do majeur ; les accords diatoniques sont les sept triades construites uniquement avec ces notes.
Une triade avec deux tierces mineures empilées (3+3 demi-tons). Symbole : ° (ex. B°). Tendu, utilisé comme tension de passage ; apparaît en vii° en majeur et en ii° en mineur.
Le 5ème degré d'une gamme et l'accord construit dessus. Porte une tension forte qui tire vers la tonique.
Deux noms différents pour la même hauteur. C♯ et D♭ sont enharmoniquement équivalents — même touche au piano, deux orthographes.
Une triade enrichie de notes supplémentaires — 7ème, 9ème, sus2, sus4, add9, etc. Les familles d'accords utilisées en production quand les simples triades commencent à sembler plates.
La hauteur définissante d'un son — la note que votre oreille nomme quand vous l'entendez. D'autres fréquences (partiels, harmoniques) s'empilent par-dessus, mais c'est la fondamentale qui donne au son son nom de note.
Un son est harmonique quand ses partiels s'alignent pour donner une hauteur claire (la plupart des instruments, la voix). Inharmonique quand ils ne s'alignent pas, donc pas de hauteur définie (cymbales, hi-hats, snares).
Une variante de la mineure naturelle avec le 7ème degré rehaussé d'un demi-ton. Ajoute une note sensible, donc V peut être joué comme accord majeur.
La distance entre deux notes, mesurée en demi-tons. Porte un nom (tierce majeure = 4 demi-tons, quinte juste = 7, etc.).
Réempiler un accord pour que la fondamentale ne soit plus la note la plus basse. C–E–G (position fondamentale) → E–G–C (1er renversement) → G–C–E (2ème renversement).
L'ensemble des dièses ou bémols qui s'appliquent dans tout un morceau, écrits une seule fois au début de la portée. Équivalent au champ Key d'un DAW.
Le 7ème degré d'une gamme majeure, à un demi-ton sous la tonique. Tire fortement vers la tonique — source de la résolution cadentielle.
Une variante de la mineure naturelle avec 6ème et 7ème rehaussées en montant, naturelles en descendant. Lisse le mouvement mélodique.
Une gamme construite en partant d'un degré différent d'une gamme-parente. Les sept modes de la gamme majeure (ionien, dorien, phrygien, lydien, mixolydien, éolien, locrien) ont chacun leur couleur. Voir le Chapitre 13.
L'intervalle entre une note et une autre au double (ou à la moitié) de sa fréquence. Toutes deux partagent le même nom de lettre.
Un intervalle de 7 demi-tons (C → G). Stable, qualité « ouverte ». La quinte utilisée à la fois dans les triades majeures et mineures.
Deux gammes qui partagent le même jeu de notes mais ont des toniques différentes. Do majeur et La mineur sont relatives.
La note sur laquelle est construit un accord. Le C dans un accord de Do majeur (C–E–G).
La position d'une note dans une gamme, numérotée de 1 à 7. Le 1er degré est la tonique, le 5ème est la dominante, etc.
La plus petite distance en musique occidentale — une case sur une guitare, une touche (blanche ou noire) sur un clavier. C → C♯, B → C, E → F.
Un accord à quatre notes — une triade plus la 7ème. Les trois saveurs les plus utilisées en production : maj7 (Cmaj7), m7 (Cm7), et dominante 7 (C7 = triade majeure + 7ème mineure).
Le 4ème degré d'une gamme et l'accord construit dessus. « Pré-dominant » — installe la tension que V vient résoudre.
Le 7ème degré d'une gamme mineure naturelle, à un ton sous la tonique. N'attire pas aussi fortement que la note sensible.
Accords suspendus. La tierce de la triade est remplacée par la 2nde (sus2 : C–D–G) ou la 4ème (sus4 : C–F–G) — donc ni majeur ni mineur.
Le 1er degré d'une gamme, sa note « maison ». C'est elle qui donne son nom à la gamme.
Déplacer une mélodie, un accord ou une progression d'un intervalle fixe vers le haut ou vers le bas, en conservant toutes les distances relatives. Do majeur → Ré majeur décale tout de deux demi-tons vers le haut.
Un accord à trois notes construit par empilement de tierces (fondamentale + 3ce + 5te).
Un intervalle de 6 demi-tons (ex. F → B). L'intervalle le plus dissonant en musique tonale ; moteur de la tension de l'accord V.
Deux demi-tons. Distance de C à D, ou de D à E. L'anglais « whole step » (américain) et « tone » (britannique) sont interchangeables.
Ce guide n'est qu'un point de départ. La meilleure façon de comprendre vraiment la théorie musicale, c'est de l'entendre. Ouvrez votre DAW préféré, ou posez vos doigts sur un piano, et jouez les exemples. Les concepts prendront vie instantanément.
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